Interview

Après une belle saison en Junior, et à l’aube du grand saut vers le championnat de France Elite, Yannick Ginesta fait preuve d’une lucidité étonnante. Il revient ici sur son parcours, et nous explique les raisons de ses légitimes ambitions.
Yannick, avant toute chose, si tu nous parlais de tes débuts ? J’ai commencé relativement tard, à onze ans, bien que mon père m’ait offert un PW 80 bien avant ! En fait je m’en servais peu, jusqu’à ce que je puisse rouler avec un ami, qui avait un terrain chez lui. De là, j’ai pris le virus.

Il faut dire que tu viens d’une famille très impliquée dans la moto... Oui, mon grand père a fondé Yam Service, un magasin très connu sur Toulouse, et mon père a roulé en cross à un bon niveau, puis en supermotard (champion de France 4T, sur un proto de sa fabrica- tion - NDR), et il a aussi été préparateur, pour la SIMA entre autres.

Donc, pour en revenir à tes débuts ? En fait, au départ, je n’étais pas très fort ! Mais j’ai toujours tra- vaillé très sérieusement. Quand je me mets dans quelque chose je le fais à fond ! Mon père m’a énormément aidé. Il m’a enseigné les bases et permis de progresser ... lentement... mais sûrement ! Jusqu’à 2010, ou je termine sixième du junior, sans avoir remporté un seul titre en ligue. Aujourd’hui, les pilotes qui m’ont tourné autour durant des années en ligue sont moins rapides que moi !

Comment expliques tu cette progression atypique ? Tu sais, mon pilote préféré est Carmichael, parce qu’il était peut- être un peu moins doué que certains de ses adversaires, mais qu’il a énormément travaillé pour devenir le meilleur. C’est une réfé- rence pour moi, car je ne l’avais pas facile, au début. Aujourd’hui, le travail effectué avec mon père commence à payer. Mais pour te donner un exemple, dès treize ans je commençais à travailler avec mon physique, à surveiller mon alimentation... J’ai aussi connu la blessure assez, tôt, lors de mon passage en 125. Ça m’a appris beaucoup sur l’investissement personnel nécessaire pour avancer.

Jusqu’à 2010, où tu sembles avoir franchi un cap important... Oui, je m’étais fixé comme objectif un top ten enChampionnat de France Junior, en essayant d’être régulier. Finalement je termine sixième, en ayant le sentiment que j’aurais pu faire nettement mieux, si j’avais eu la même confiance en début de saison.
C’est le fruit du travail effectué ? Bien sûr, mais pas seulement. Jusqu’à l’an passé j’en faisait trop. Je ne pensais qu’à la moto. Puis j’ai compris qu’il fallait que je lâche un peu du lest, et que je vive comme un garçon de mon âge. J’ai pris du recul, je vois du monde, je suis mes études normalement, tout en continuant à me préparer très sérieusement pour le cross. Et du coup j’ai beaucoup progressé dans les résultats.

Tu as trouvé un équilibre en somme ? Complètement. Aujourd’hui je me sens bien. Et j’ai le sentiment que c’est le moment d’essayer d’enfoncer le clou en MX. D’où la décision de faire l’Elite. C’est un ensemble de choses en fait. Un équilibre personnel, plus un travail de fond, avec l’aide de mon entourage. Mon père m’a fait une excellente moto. On a beaucoup travaillé sur les suspensions avec Révolte. Cet hiver, j’ai travaillé avec Pascal Finot (éducateur fédéral), qui m’a beaucoup apporté. Mais je tiens à remercier mes parents, mon père, bien sûr, mais aussi ma mère, qui est toujours là, et joue un rôle essentiel. Je suis conscient des sacrifices qu’ils font pour moi, et je leur en suis très reconnaissant.

Comment abordes-tu 2011 ? Déjà sur le plan de la préparation, je continue avec Pascal, et je serai aussi suivi par un préparateur physique et une nutritionniste. Mes parents sont toujours l à, bien sûr, mais je vais aussi passer mon permis pour être un peu plus autonome, pouvoir me rendre sur les circuits, par mes propres moyens. Et il ya le bac aussi ! Oui, je passe le bac en fin d’année scolaire... mais je suis confiant !

Tes objectifs sportifs ? On va donc faire l’Elite en MX2, avec comme objectif de rentrer dans les dix. Je pense que c’est raisonnable, au vu de ma progres- sion. On fera aussi quelques épreuves du championnat d’Europe, sans objectif particulier de résultat, sinon de progresser et d’es- sayer de faire quelques coups d’éclat ! Le mot de la fin ? Hé bien, déjà, je voudrais dire que je suis super motivé pour tenter d’aller plus loin en MX. Je suis conscient de mon niveau, je connais ma marge de progression, et je pense que c’est le moment ou jamais d’essayer, non ?